Bonjour, on poursuit notre visite de la mine, si vous le voulez bien, après le carreau, on descend au fond avec le

L comme Lampes

Comment s'éclaire-t'on quand on est au fond?  Au 18ème siècle, même si le puits est vertical, les galeries qui partent de chaque côté du puits (les bowettes) ne reçoivent pas de lumière, quant aux galeries secondaires (les voies) elles sont si étroites qu'on peut se contenter d'un éclairage très faible... les mineurs sont donc équipés simplement d'une chandelle installée sur un picron ou piqueron :

pique

 

Mais le manque d'oxygène fait que les chandelles qui brûlent mal donnent peu de lumière et dégagent une épaisse fumée rajoutant une difficulté supplémentaire aux conditions de travail. A l'époque si on craint au fond les éboulement, l'eau et le feu, on ne trouve pas de mention de grisou. Mais plus on creuse profondément, plus on trouve de gaz...

Dès 1818, la lampe de Davy est utilisée dans les mines mais elle n'est pas facilement adoptée par les mineurs.

davy

En 1823 la catastrophe du Chauffour voit la mort d'une vingtaine de personnes à cause du grisou (cf plusieurs articles de la Voix du Nord explorant cette 1ère catastrophe : clic) et des chandelles... Après cette catastrophe on imposera l'utilisation de ces lampes dans toutes les fosses grisouteuses.

Pourquoi une telle opposition? "la flamme de cette lampe à huile est contenue dans à l'intérieur d'un tamis métallique façonné en forme de cylindre. Ce dernier en disperse la chaleur et interdit en principe les inflammations de grisou mais ce même tamis limite de beaucoup la capacité d'éclairage de la lampe et les mineurs ont l'impression que leur conditions de travail se dégradent" comme leur salaire est proportionnel à la quantité de charbon produite ils craignent les erreurs et donc les pertes de salaire.

Partout où la davy n'est pas imposée on trouve désormais l'astiquette : lampe formée d'un réservoir d'huile végétale surmonté d'une mèche sur laquelle la flamme brûle librement

astiquette 1 astiquette 2

La davy est progressivement remplacée par des modèles plus sophistiqués, des lampes qu'on ne peut démonter qu'avec un outil spécial, des lampes qu'on ne peut pas ouvrir au fond de la mine, cela évite toutes les tentations...

Dans les années 1900, l'électricité arrive sur les carreaux pour l'éclairage des installations de surface, les moteurs des machines d'extraction.

De nouvelles lampes sont utilisées, elles sont munies d'un manchon en verre qui améliore l'éclairement et d'une cuirasse qui protège le tamis, tamis bientôt doublé pour assurer une plus grande sécurité même en présence de grisou.

La lampe Marsaut (clic pour une explication plus complète) en usage à Liévin ou à Carvin, simple et robuste correspond au modèle presque définitif de la lampe de mineur. Mais elle n'est utilisée que là où il y a risque de grisou, ailleurs la flamme nue reste de rigueur....

marsaut

 

Comme toujours, c'est une catastrophe qui impose de nouvelles normes de sécurité et qui amène l'interdiction des flammes nues au fond... Courrières, 10 mars 1906, 1099 victimes après un coup de grisou dans des galeries réputées sans grisou pourtant...

Dans les années 50 et malgré les méfiances l'électricité arrive au fond. Le mineur est équipé d'un casque muni d'une lampe.

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 Photo prise à Lewarde.

 

Exposition de lampes, toujours à Lewarde :

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J'espère ne pas trop vous ennuyer avec la mine....

A très vite pour la suite...

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